Les agro-carburants : une scandaleuse solution à la crise énergétique

jeudi 1er octobre 2009
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Développer les agrocarburants partout dans le monde serait un désastre, surtout au Sud.

Dans quelques dizaines d’années, nous devrons passer de l’énergie fossile à d’autres sources. Uutiliser ce qui est immédiatement rentable, c’est-à-dire les agrocarburantse est plus facile que réduire sérieusement la onsommation et ’investir massivement dans de nouvelles technologies, comme le solaire. La crise financière et économique réduit les possibilités d’investissements à profits rapides, et les spéculateurs se ruent sur l’agroénergie.

Comme tout projet capitaliste, les "externalités", ce qui n’entre pas dans le calcul du marché, comme les dommages écologiques et sociaux sont laissés de côté. Or, "Pour que l’agroénergie contribue à la solution de la crise énergétique, dans une mesure de 25 à 30 % de la demande, il faudra
utiliser des centaines de millions d’hectares de terres arables, en
majeure partie dans le Sud,
car le Nord n’en a pas assez.

"Il faudra également, selon des estimations prudentes, expulser au moins 60 millions de paysans de leurs terres." Le prix de ces "externalités", non payées par le capital, mais bien par la communauté et par les individus, est donc effrayant.

"Les agrocarburants sont produits, le plus souvent par des entreprises
transnationales du Nord, sous forme de monocultures, détruisant la
biodiversité et polluant les sols et l’eau
".
Face à la crise planétaire de l’eau, utiliser cette denrée vitale pour produire de l’éthanol ou de l’agrodiesel est irrationnel, criminel. Pour obtenir un litre d’éthanol à partir du maïs, on utilise entre 1 200 et 3 400 litres d’eau ; la canne à sucre en exige énormément aussi. La pollution des sols et de l’eau atteint des niveaux inédits, jusqu’à créer un phénomène de mer morte dans les estuaires des fleuves (20 km² à l’embouchure du Mississippi, en grande partie à cause de l’extension de la monoculture de maïs pour l’éthanol). L’extension de ces cultures entraîne une destruction directe ou indirecte (par le déplacement d’autres activités
agricoles et de l’élevage) des bois et des forêts qui sont des puits de
carbone grâce à leur capacité d’absorption.

L’impact des agrocarburants sur la crise alimentaire a été prouvé. Plus d’un milliard de personnes souffrent déjà de la faim La Banque mondiale affirme que 85 % de l’augmentation des prix alimentaires sont dus au développement de l’agroénergie.
Jean Ziegler, relateur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, a qualifié les agrocarburants de "crime contre l’humanité" et son successeur Olivier De Schutter, de l’UCL, a demandé un moratoire de 5 ans.

L’extension de la monoculture pour remplir les réservoirs des véhicules
signifie aussi l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres. Dans de
nombreux cas, cela se réalise par l’utilisation de la ruse ou de la violence. En Colombie et en ’Indonésie, on fait appel aux forces armées, aux paramilitaires qui n’hésitent pas à massacrer les récalcitrants. Des milliers de communautés autochtones, en Amériquelatine, en Afrique et en Asie, sont dépossédées de leur territoire. Des dizaines de millions de paysans ont déjà été déplacés. Le résultat en est l’augmentation de l’urbanisation sauvage et une pression migratoire à la fois interne et internationale.

"Résister au Nord, comme au Sud, à la pression des pouvoirs économiques est un problème politique et éthique.
C’est donc un devoir de dénoncer le scandale que signifie la production
des agrocarburants dans le Sud.
"

source : François Houtart, 28 septembre 2009



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Brèves

Prospective de l’ADEME sur le mix électrique

vendredi 21 décembre 2018

Des prospectives peu réjouissantes...

La sobriété pas sérieusement envisagée...

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/evolution-mix-electrique-horizon-2020-2060-010655.pdf