tout savoir sur les boues toxiques du Valenciennois

mardi 1er décembre 2009
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Le traitement des boues est possible. Les Belges le font de leur côté du canal. Les Belges traitent 1 million de tonnes par an pour le port d’Anvers... Une entreprise de la région lilloise a reçu un prix pour ce savoir-faire... Et M.Borloo a signé un protocole de traitement des boues : la démarche à suivre(en pj)... Alors ? ....

La réalisation du projet Seine-Nord, en réalité Seine-Escaut pour ce qui concerne le Valenciennois, va nécessiter la remise en eaux du canal de Condé-Pommeroeul situé entre Condé-sur-Escaut et Saint Aybert. Ce projet de canal s’inscrit dans une politique de transport de type « développement durable »

Le canal Seine-Escaut / aspects techniques :

Conceptuellement il s’agit d’une autoroute fluviale initiée par quatre pays (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne) permettant de relier les ports de Rouen, Paris, Dunkerque, Anvers, Rotterdam et Hambourg notamment.

La jonction permettra la circulation de barges de 3500 tonnes puis 4500 tonnes voire plus. Aujourd’hui le tonnage est limité à 1350 tonnes.

La jonction ne pourra se faire qu’en passant par le Valenciennois et non par le bassin de la Lys en raison notamment du trop grand nombre d’ouvrages d’art à relever par cet itinéraire (22 dont le pont du TGV). Du côté du Valenciennois 6 ouvrages d’art doivent être relevés sur l’Escaut.

D’autre part, par la Lys, le gabarit autorisé est de 1350 tonnes. Une écluse devrait être agrandie de 110 à 120 mètres pour y accueillir les barges. Du côté Belge à Comines, la Belgique s’y oppose, ainsi que le Bourgmestre de TOURNAI, car le passage devrait s’effectuer par une voie d’eau empruntant un site archéologique (douves de la ville).

Par l’Escaut canalisée, dans l’arrondissement de Valenciennes, des travaux sont en cours pour élargir et approfondir l’Escaut canalisé.

L’écluse de Flines les Mortagne est longue de 85 mètres, donc impropre à la circulation des barges.

Dernier axe de passage pour les barges, le canal de Condé/Pommeroeul. Rien ne s’oppose à modifier son gabarit pour le rendre accessible aux barges de 3500 tonnes. Du côté belge les infrastructures sont déjà existantes. L’écluse d’Hensies fait plus de 120 mètres, les canaux sont déjà au gabarit et il y a un accès direct vers Bruxelles, Anvers, Rotterdam et Hambourg.

En dernier lieu, du côté Belge il fallait modifier les gabarits du canal de Miny/Blaton pour un coût estimé à 200 millions d’euros, ce à quoi se refuse la région Wallonne. Ces voies d’eaux resteront donc pour la circulation de bateaux n’excédant pas 1350 tonnes.

Le canal devra donc passer par l’axe « Condé-Pommeroeul »

Dans l’arrondissement, vers la jonction du Cambrésis et la Belgique, en 2015, le trafic est estimé à 120/160 barges jours.

Bien évidemment, la mise en fonctionnement du canal aura un impact important dans notre secteur : plusieurs sites portuaires dont Saint-Saulve, probablement 3000 créations d’emplois à la clef.

Situation du canal de Condé-Pommeroeul

Long de six kilomètres, reliant l’Escaut canalisée de Condé-sur-Escaut à l’écluse d’Hensies (Belgique). Au bief de l’écluse, côté France, se déverse les eaux de la rivière la Haine, longue de 65 kilomètres, et de son affluent la Trouille. Cette rivière prend sa source dans le Brabant Hainaut et parcourt la Wallonie, pour terminer sa course à Hensies. Plusieurs agglomérations importantes de Belgique sont traversées par ces cours d’eau. De nombreuses industries se sont implantées en bordure, dont l’immense complexe pétrochimique à Tertre, classé « Seveso ».

Ces rivières qui se déversent en France ont charrié les pollutions industrielles. Ceci se poursuit, même si cela diminue un peu en raison de la disparition d’industriels.

La Haine et la Trouille, aux fonds sablonneux, charrient annuellement environ 75 000 mètres cube de sédiments et ensablent le canal de Condé-Pommeroeul, ce qui nécessitait un curage préventif tous les trois ans.

Le dernier curage a été incomplet en 1983. En 1991, la circulation des péniches a été interrompue.

Les boues / situation du problème
 :
Pour la remise en navigabilité et gabarit du canal de Condé/Pommeroeul, il faut retirer 1.500.000 m3 de boues du canal lui-même. Ces boues sont toxiques (classées B sur la base d’une analyse Institut pasteur de 1997), mais aussi 400.000 m3 de schistes des berges.

Pour l’Escaut canalisée l’estimation est de plus de 2.500.000 m3. Il est donc nécessaire de stocker près de 4.000.000 m3 de sédiments, à des taux de pollution plus ou moins importants.

A l’origine, VNF préconisait de créer des dépôts constitués par des buttes hautes de 7 mètres. L’étanchéité des sols assurée par une couche de glaise de 80 centimètres et les eaux de ressuyage déversées directement dans les canaux.

Les dépôts devraient couvrir 50 hectares de terrain.

Les boues / problèmes écologiques posés

Concernant le projet sur Thivencelle et Saint-Aybert :
Les terrains de dépôts sablonneux, sont traversés par 3 nappes phréatiques avec interaction entre elles.
Suite à l’exploitation intensive de la houille, les terres sont minées de galeries Les phénomènes d’affaissement ont toujours lieu.
Bien que classé en risque zéro, les terrains sur Saint-Aybert et Thivencelle sont traversés par une faille tectonique active se prolongeant dans la vallée de la Hayne jusqu’à Condé sur l’Escaut.
L’instabilité des terrains prouvée en 1975, 1976, 1977, lors de travaux à l’écluse d’HENSIES (B), qui a provoqué dans le bief concerné, l’effondrement et l’assèchement du canal.
Les sites initialement retenus sont inclus dans une ZNIEFF de 1ère catégorie, une ZICO, un PNR transfrontalier, dans la vallée de la Scarpe et de l’Escaut incluant la politique du SAGE Escaut, le tout classé dans la zone NATURA 2000 et à proximité immédiate des zones de captage.
En cas de pollution de la nappe phréatique de captage, 8 communes seraient privées d’eau potable. Le cas est d’actualité à HAUTRAGES (B), où la nappe voisine est interdite à la consommation pour les mêmes causes.
Ce projet a été récemment abandonné après un difficile combat des riverains.

Les boues d’une manière générale :
En dehors du risque de pollution de la nappe phréatique, il existe des risques et des incidences liés aux boues.
Une fois la croûte supérieure des boues asséchées, les micros particules de métaux lourds se dispersent aux vents sur plusieurs kilomètres entraînent de facto pour les populations concernées un risque d’augmentation de problèmes de santé pendant plusieurs années avant qu’elles ne soient recouvertes d’une couche de terre arable.
L’interdiction dans un périmètre déterminé et dans les vents dominants de l’exploitation agricole des terres, le pacquage, le jardinage est une condition à ces dépôts ce qui confirme leur risque.

Le dépôt des boues entraîne une pollution olfactive provoquée par la dégradation des matières organiques, les sites de stockage se trouvant tous à proximité des habitations.
Une perte de la valeur des biens immobiliers est obligatoire, pouvant atteindre jusqu’à moins 30%.

Les boues / des traitements possibles

1°) Plusieurs moyens existent pour traiter les boues :

Le filtre-presse sur barge

Technique de dragage des cours d’eau actuellement la plus “écologique”. Les boues, par succion, sont amenées via une trémie, vers une presse qui assèche les sédiments. Les galettes sont renvoyées vers une barge pour les conduire vers un centre de traitement (chaux hydraulique) et revalorisation pour le BTP, remblais, routes.
Le filtre presse est couplé a une station d’épuration sur barge. Les eaux filtrées et traitées sont rejetées dans le cours d’eau. 85 % des polluants sont supprimés avant rejet.
Pour le canal de Condé-Pommeroeul et l’Escaut, les boues seront enlevées par une grue à godets, technique qui va donc avoir pour effet un brassage diluant dans le courant les polluants.
L’association Belge le CPB après 6 années de recours juridiques et administratifs a obtenu gain de cause qui, par extension, s’applique à toute la Wallonie. Le filtre-presse sera utilisé pour tous les canaux et rivières avec abandon des sites de dépôts.

Le lagunage

Forme de station d’épuration, elle est constituée de plusieurs bassins fonctionnant par gravitation. Le premier capte les boues qui se déposent au fond. Les suivants par microorganismes aérobies et anaérobies et plantation (arbres et plantes), détruisent les matières organiques (le pétrole en est un). Les eaux apurées sont remises dans le milieu naturel exempt de polluant. Les boues récupérées peuvent être neutralisées par différents procédés. L’avantage est faible coût, l’inconvénient la mise à disponibilité d’importante superficie de terrain, 50 ha pour ce qui nous concerne dans le Valenciennois.

L’ionisation

Par un système d’ions positifs ou négatifs, les métaux lourds sont capturés et neutralisés dans un liant. Ils peuvent être ensuite revalorisés pour le BTP, les remblais, les routes, les briqueteries, etc.
Le brevet est déposé et reconnu fiable. Il a fait l’objet du 1er prix environnemental de la Région Nord-Pas de Calais. L’entreprise détentrice est de notre Département. Elle n’attend que les autorisations pour commencer la phase industrielle.
Une unité est capable de traiter 50.000m3/an.

Les briqueteries

Plusieurs briquetiers sont prêts à inclure dans leurs matériaux jusqu’à 30% de boues de dragage revalorisée. Une briqueterie peut traiter 50.000M3/an.

Les cimenteries

Elles sont prêtent à détruire un certain pourcentage de boues de dragage.
La plus grande cimenterie Belge, en région Wallonne est demanderesse de boues de dragage. Elle est capable de détruire 500.000M3/an de boues. Elle n’obtiendra pas les autorisations pour l’import.

Toutes ces techniques créatrices d’emplois ne sont pas exhaustives. D’autres méthodes existent et la technicité évolue.

2°) Trois points essentiels méritent au surplus d’être soulignés

- VNF s’oppose à toutes approche de type traitement-recyclage, soit en raison d’un coût plus élevé, soit pour son principe de non innocuité pour l’avenir. Mais aussi et surtout parce que l’autorisation de mise en dépôt expire en 2011 au delà elle ne sera pas renouvelée, l‘obligeant de fait à traiter les boues. Plus aucun dépôt de boues polluées ne sera autorisé après le 31 décembre 2010.

- Pour le port de Dunkerque, actuellement, il est nécessaire de draguer 3.000.000M3/an de boues polluées. VNF est partie prenante Les méthodes retenues sont le filtre presse, le lagunage et la revalorisation des boues. Une unité permanente est même construite.

- SEDIMATERIAUX - ENVIRONORD. C’est un argument majeur. Il s’agit d’un projet de coopération pour l’émergence de filières de gestion et de valorisation, à terre, des sédiments de dragage portuaires et fluviaux. Ce projet à fait l’objet d’une charte de préfiguration, signée le 10.06.2009 par le Conseil Régional, l’État, les administrations concernées dont VNF, les éco-entreprises CD2E, l’Ecole des Mines de DOUAI, le ministre Jean-Louis BORLOO … Le canal de Condé/Pommeroeul et le port de Dunkerque ont été pris comme sites pilotes pour la Région Nord-Pas de Calais. Mais cette charte est nationale. Dans 2 ans, cette charte fera l’objet d’un engagement définitif et plus aucun dépôt ne pourra avoir lieu.

Situation actuelle

Actuellement, les sédiments seront entreposés sur les communes de HERGNIES, FRESNES SUR ESCAUT, VALENCIENNES et MAING, dont les maires sont consentants sans que pour autant les habitants aient été consultés.
Quelques améliorations techniques sont prévues sur les dépôts. L’étanchéité sera renforcée. Les eaux de ressuyage seront mieux drainées pour contenir les polluants pétrochimiques. Au bout de 18 mois, les boues séchées seront recouvertes de terre végétale. Le tout sera arboré et aménagé pour le rendre accessible.
Cependant, VNF restent intransigeante pour le traitement des boues, arguant que « la législation ne le permettrait pas et sur son éventuelle responsabilité civile ultérieure, sur les techniques de revalorisation qui n’apporteraient pas de certitude d’innocuité pour l’avenir ».

Il a été décidé de créer courant Septembre un comité de contrôle et de pilotage, dont font partie des associations, pour suivre l’évolution du projet Seine Nord Europe pour l’Arrondissement. A l’initiative de l’association « Canal » il a été proposé la création d’un comité transfrontalier pour la pérennisation du projet.

Dominique RIQUET maire de Valenciennes semble avoir adopté une position plus prudente qu’en juin époque à laquelle il mettait en avant des arguments fallacieux (« vous allez faire capoter le projet », « le canal va passer par la vallée de la Lys », « les moyens techniques ne sont pas fiables ».

Un certain nombre de maires négocient au niveau de chaque commune ce qui est dans leur intérêt.

Les arguments sont solides pour exiger le traitement possible de ces boues (cf. supra). Il manque la volonté politique locale et nationale ce qui dans le contexte apparaît comme cocasse.

Jean-Luc CHAGNON, président du collectif ça BOUE


Au Conseil Municipal de Valenciennes du 19 novembre, M.Riquet a affirmé qu’il n’y aurait pas de dépôts sur le territoire de la commune. Mais à Maing ? à Fresnes et ailleurs ? ...


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