La chambre européenne demande à l’exécutif de mieux protéger les citoyens contre les perturbateurs endocriniens

Un jeu pas très clair de responsables de la Santé à la Commission européenne
dimanche 12 mai 2019
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Certains responsables de la santé à la Commission européenne (CE) ont oeuvré des années durant pour – paradoxalement – empêcher l’interdiction d’une trentaine de pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens

https://www.heidi.news/…/autopsie-d-un-briefing-du-commissa…

Le 18 avril, une résolution non contraignante contre les perturbateurs endocriniens avait été adoptée à une écrasante majorité 447 voix sur 502.

Les eurodéputés demandaient que les perturbateurs endocriniens prouvés ou supposés soient traités comme les substances cancérigènes ou mutagènes, interdites dans la législation européenne sur les cosmétiques.

Le risque concerne près de 800 produits capables de perturber les capteurs hormonaux, la synthèse hormonale ou la conversion hormonale, selon un rapport publié en 2012 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’Union Européenne et les PE

Depuis 1999, l’Union reconnaît la nocivité des perturbateurs endocriniens : un danger pour la santé et l’environnement et amorce une « stratégie communautaire pour les perturbateurs endocriniens ».

Il a cependant fallu attendre 2017 pour qu’une définition – controversée – de ces produits soit adoptée. Puis novembre 2018 pour que l’exécutif européen publie une nouvelle stratégie et lance un examen complet de la législation applicable aux perturbateurs endocriniens par le biais d’une évaluation.

Le Parlement estime cependant que la réponse apportée jusqu’à présent n’est pas à la hauteur de la menace pour la santé. Le cadre proposé par la Commission manque à la fois d’un plan d’action concret pour minimiser l’exposition des citoyens et d’un calendrier pour les prochaines étapes à franchir, selon les élus.

Trop de perturbateurs endocriniens dans l’alimentation des Européens
Six résidus de pesticides sur dix, quantifiés dans l’alimentation européenne, sont des perturbateurs endocriniens suspectés, selon un rapport de l’association Générations futures.

Débat en plénière

Violeta Bulc a défendu les efforts européens face au Parlement. « Nous pouvons être fiers des progrès réalisés : nous sommes reconnus comme l’un des pionniers mondiaux dans le traitement de ces substances », a-t-elle assuré, tout en admettant que ce n’était « pas suffisant » : « il s’agit d’un défi mondial et d’une source de préoccupation pour de nombreux citoyens. »

Elle a ajouté que la Commission avait adopté sa communication en novembre afin de renforcer l’approche européenne et que l’évaluation transversale de ces produits devrait être finalisée au cours du premier semestre 2020. Elle sera suivie d’une consultation publique de 12 semaines.

Avant la fin de l’année, la Commission organisera également la première réunion annuelle des parties prenantes et le lancement d’un nouveau portail en ligne, afin d’atteindre les objectifs de la communication.

Bien que la résolution ait été soutenue par tous les groupes politiques du Parlement, le Parti populaire européen (PPE) a critiqué une sorte d’« hystérie idéologique » à l’égard des perturbateurs endocriniens et en particulier de la tentative de mettre sur le même plan les perturbateurs prouvés et supposés.

"Ça va trop loin, ça va trop vite et ça n’est basé sur aucune preuve scientifique », regrette l’eurodéputée britannique de centre droit Julie Girling.

Les législateurs verts et libéraux critiquent pour leur part vertement la définition incluse dans la stratégie de la Commission, car elle ne semble s’appliquer qu’aux pesticides et autres produits phytosanitaires, alors que les perturbateurs endocriniens sont présents partout.

« Nous savons aujourd’hui que 80 % de l’exposition provient de l’alimentation, donc les perturbateurs endocriniens devraient bien sûr être interdits dans tous les matériaux en contact avec les aliments, mais aussi dans les cosmétiques et les jouets », assure la libérale belge Frédérique Ries.

Un signal politique fort

Pour Barbara Demeneix, présidente du groupe de travail sur les produits chimiques perturbateurs de la société d’endocrinologie, et auteure d’un rapport scientifique sur la question pour la commission parlementaire aux pétitions, se félicite de l’adoption de cette résolution. "Il est grand temps", souligne-t-elle, "de prendre des mesures concrètes pour réglementer les perturbateurs endocriniens, si répandus dans notre vie quotidienne."

La question des substances perfluoroalkylées (PFAS) est particulièrement préoccupante, selon elle, car il en existe plusieurs milliers et seule une poignée d’entre elles est interdite.

« Le fait que ces substances interfèrent avec les hormones thyroïdiennes et affectent les réponses immunitaires est clairement démontré, à la fois par des tests épidémiologiques et de laboratoire », prévient-elle.

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Lancé en janvier 2019, le projet européen "Oberon", coordonné par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vise à "cerner avec plus de précisions et de certitude" comment des composés suspectés d’être des perturbateurs endocriniens (PE) pourraient induire des troubles métaboliques. Il s’agit "à terme, d’identifier ces composés", précise l’Inserm.

https://www.actu-environnement.com/…/projet-europeen-Oberon…


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Prospective de l’ADEME sur le mix électrique

vendredi 21 décembre 2018

Des prospectives peu réjouissantes...

La sobriété pas sérieusement envisagée...

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/evolution-mix-electrique-horizon-2020-2060-010655.pdf